Présentation

Elle croit qu'il est parti par goût de la liberté. Il pense qu'il revient parce qu'elle est malade.

Les voilà de nouveau ensemble, avec, devant eux, le temps de s'avouer ce qui les réunit et d'affronter ce qui les sépare.

Presse

  • LE MONDE

    17 juin 2005

    Pour son cinquième livre, Laurent Mauvignier a effacé de la couverture le mot « roman ». Bien qu’il s’agisse d’un dialogue que l’on pourrait fort bien imaginer interprété sur une scène, le mot « théâtre » ne vient pas le remplacer. Indiscutablement, dans son extrême brièveté, dans son intensité nue, Le Lien est bien dans la continuité non seulement de la manière, mais du propos de l’écrivain. Il est comme la quintessence de son art romanesque.

     

    Avec Loin d’eux, en 1999, Laurent Mauvignier (qui est né en 1967) avait commencé à sonder, par les voies du monologue intérieur, les effets mortels de la parole manquante, empêchée ou impossible. L’année suivante, dans Apprendre à finir, qui obtenait le prix du livre Inter et un grand succès public, l’auteur mettait à nu le lent processus de désagrégation d’un couple. C’était la femme seule qui parlait, non pour énumérer des griefs et comptabiliser les motifs de la séparation, mais pour manifester l’envahissement d’une détresse solitaire, là aussi attachée à une parole impossible. Dans Ceux d’à côté, en 2002 et dans Seuls, en 2004, Mauvignier entrelaçait les voix de ses protagonistes, ces hommes et ces femmes qui « n’ont que la douleur d’être humiliés pour se rappeler qu’ils sont vivants », qui ne tiennent discours que pour dire la même impossibilité, de parler et de (se) comprendre. Même si l’écrivain place ses personnages dans des contextes sociaux défavorisés, nous sommes évidemment loin de la simple volonté de décrire un état de fait qui serait propre à certains milieux.
    Nous sommes à la fin du jour. Une lumière crépusculaire enveloppe le dialogue de l’homme et de la femme du Lien. Ils ne sont pas nommés ; c’est seulement « Lui » et « Elle ». Le contexte, le passé, les circonstances et les évènements qui sont à l’origine de ce dialogue sont tus ; ils ne peuvent qu’être déduits des paroles échangées au présent. Le climat est apaisé. Une immense tendresse, un profond accord attachent l’homme à la femme. Ici, pas de cris, pas d’incompréhension semble-t-il. Mais, en même temps, tout est en train de se terminer, la nuit progresse. La fin est imminente. Ce présent et cette douce présence de l’un à l’égard de l’autre ont été précédés de trente années de séparation. Années faites de ses départs à lui et, de son côté à elle, d’une attente amoureuse et infiniment patiente. Avec une calme et poignante lucidité, elle dit : « Le moment venu, il faudra que tout ait la même fatigue que moi. Que tout soit prêt à craquer, à céder… Mon corps sera moins en colère si autour de lui les choses aussi font mine de… » C’est de sa mort qu’elle parle et de la maison des bords de la Garonne qu’elle ne quittera qu’à cette échéance.

     

    « TRENTE ANS DE MENSONGES »

    Elle dit encore : « Je savais que tu reviendrais, et que pour ça il faudrait que ce soit la fin… Et maintenant : elle est là. » Ce n’est pas une plainte, encore moins un reproche. Nous sommes au-delà de toute vaine querelle. C’est le moment du renoncement, de l’acceptation de ce qui est, de ce qui vient.
    Cet échange est donc un sursis. Le temps est compté. Lui a beaucoup navigué, toujours au bord du naufrage. Il a bu, aimé d’autres femmes, désespéré, se tenant éloigné de cette maison et de l’amoureuse protection qu’elle représentait. Il a aussi pris, comme photographe, la mesure de la misère et de l’horreur sur tous les théâtres du monde. Les photos et les carnets qui en témoignaient, il les a adressés à la femme qui attendait. Elle les a classés, archivés. Et un jour, elle lui a écrit que « bientôt », elle ne s’occuperait plus de ses envois et qu’alors elle « ne pourra [it] plus rien » pour lui. Cette lettre a été le signal de son retour. « Ce que je sais, c’est que tout à coup trente ans de mensonges se sont effondrés sur moi… », dit-il.
    A partir d’une telle situation romanesque, comment Mauvignier parvient-il à éviter l’ornière et les banalités du mélodrame ? Pourquoi lisons-nous Le Lien la gorge serrée, avec la conviction que l’auteur touche absolument juste, qu’à aucun instant il n’égare le lecteur dans le vaste territoire des faux sentiments ? Pas plus que dans ses précédents ouvrages, Laurent Mauvignier ne fait de psychologie. Il regarde, écoute, laisse grandir en lui les voix de ses personnages, qui prennent ainsi corps et existence. De cette méthode naît un équilibre très rare dans la littérature entre la fragilité de ce qui est montré et vécu et la grande vigueur, la force de l’expression littéraire.
    Ecoutons-la, elle, à nouveau : « Le pire de l’amour, son lieu de terreur, c’est le moment de le reconnaître et d’avoir le sentiment de ne plus pouvoir lui échapper. Le pire, c’est d’imaginer que nous devons nous y conformer en entier ; c’est sans discussion, sans appel. Soumettre toute notre vie à notre désir et s’aliéner à cet impératif ; la catastrophe que toi, tu as refusée. »

     

    Parick Kéchichian

    LE MONDE, vendredi 17 juin 2005

  • L’HUMANITÉ

    2 juin 2005

    LE LIVRE À FINIR

     

    C’est un simple dialogue entre un homme et une femme, Lui et Elle. Pas plus d’une petite cinquantaine de pages. Sans pathos ni afféterie, sans lyrisme ni grandiloquence. Parce que des choses essentielles doivent s’y dire. Parce qu’une histoire veut se laisser lire. Sur le ton de l’échange quotidien. Avec les mots de tous les jours. C’est donc un texte, dans son dépouillement, tendu à l’extrême. Peut-être plus suggestif et plus intense encore que les quatre romans qui ont précédé. Laurent Mauvignier s’y confirme comme l’une des valeurs les plus sûres de la nouvelle génération romancière.

     

    L’été approche. Dans une maison, quelque part non loin des rives de la Garonne, un homme et une femme se parlent. Avec délicatesse, retenue, prudence même. Lui est de retour après une absence de trente ans. Elle est restée là, tout ce temps, et se prépare maintenant à la mort que la maladie lui promet. C’est pourtant toute une vie qui semble reprendre forme et force. Même si les deux fils séparés ne se détachèrent jamais vraiment l’un de l’autre. « Les événements et les personnes ne nous abandonnent jamais tout à fait », rappelle l’Espagnor Javier Marias dans une citation placée en épigraphe. Qui vient ici en évident écho à la phrase fameuse de Faulkner dans le Bruit et la fureur : « Le passé n’est jamais mort, il n’est même pas passé. » Cet homme et cette femme ne sont en effet plus tout jeunes. Par bribes, nous parviennent des informations essentielles, qui ancrent leur dialogue dans ce qu’il faut bien appeler une histoire. L’on apprend ainsi qu’il avait vécu de très près, et fort douloureusement, la guerre d’Algérie. Qu’il s’était politiquement engagé et avait connu de grandes désillusions. Que l’un et l’autre avaient rêvé de changer le monde. Que s’il était un jour parti, ç’avait été par « peur de ne pas être libre et utile », de « passer à côté de la vie et de ne rien comprendre ». Peu à peu se compose un portrait qui porte bien au-delà de ce couple de nouveau réuni. Dans l’histoire intime, filtrent et affleurent les flux et reflux du monde.

     

    Les fils s’étaient trouvés séparés, mais le nœud initial n’avait pas été défait. Chaque mois de ces années, des lieux de la terre où il avait cru pouvoir donner tangibilité à ses engagements, il lui avait envoyé les rouleaux de photos qu’il prenait, les carnets que parallèlement il tenait. À charge pour elle de conserver ces traces de lui, affronté à toutes sortes de bruits et de fureurs. Et d’y lire plus que lui-même ne pouvait en percevoir. Un peu comme ce dialogue, qui dit infiniment plus que la totalité de ses mots. Et cette écriture à la simplicité époustouflante densité, qui ouvre par-delà elle-même. Donnant forme d’abord à l’échange, magnifique et juste : ces paroles du quotidien chargées pour l’un et l’autre de signaux. Quand il est par exemple question de la chambre à l’étage, que la femme obligée désormais de descendre, veut laisser en l’état : « J’ai attendu avec elle. » Ou quand elle souhaite mourir entourée de toutes les « vieilleries » de la maison, parce que leur fatigue est semblable à la sienne. Ou quand elle veut garder autour d’elle les bruits qui l’accompagnèrent dans la solitude de la séparation. Ce passé-là ne s’est pas davantage évanoui que celui d’avant. Dans la parole de cette femme transparaissent et la douleur et le contentement, indissolublement mêlés.

     

    Aujourd’hui un dernier projet doit être mené à bien : le livre qui rassemblera les photos et les notes des carnets. C’est elle qui le tape et prend ainsi en charge le morceau d’histoire séparément vécu. Laurent Mauvignier dit ici au plus près, sans le moindre soupçon de mièvrerie ou de complaisance sentimentale, ce qui ne peut se délier entre deux êtres. Son récit délivre une incroyable richesse de sens. Car cet homme, et plus encore sans doute cette femme ont sur faire signifier leurs vies, ne se sont pas satisfaits de seulement exister. Cela n’a pas cessé de les réunir, et se donne à entendre dans leurs propos précautionneux. Peu importe dès lors le temps qui leur reste avant l’ultime séparation, puisque le lien n’est pas desserré. Il n’est pas si courant de rencontrer un texte d’une telle multiplicité de résonances. Où l’écriture orchestre et unifie un ensemble complexe de lignes narratives. Où les effets apparaissent si continûment retenus. Laurent Mauvignier réussit en l’espèce une jonction superbe entre deux pentes souvent divergentes de la littérature : la plongée dans les profondeurs de l’intime et l’ouverture en grand vers les espaces extérieurs.

     

    Jean-Claude Lebrun

    L’HUMANITÉ, 2 juin 2005

  • LE MATRICULE DES ANGES

    mai 2005

    LOIN D’AILLEURS

     

    Dans son dernier livre, Laurent Mauvignier adopte la forme du dialogue. Au soir de leur vie, deux êtres, très longtemps séparés, réalisent qu’ils n’ont jamais cessé d’être ensemble.

     

    « Dans les livres précédents de Laurent Mauvignier, les personnages avancent courbés sous le poids du manque. Leurs longs monologues fouillent inlassablement la solitude qui naît de la présence lointaine des autres, de la difficulté à être entendu d’eux. Les dialogues se dessinent le plus souvent dans un douloureux hors champ, et c’est l’écho d’un échec que l’on perçoit dans le texte. Le titre du dernier roman était Seuls, celui du court livre qui vient de paraître est Le lien. Cette évolution lexicale pourrait témoigner d’un changement de perspective. Au paradigme de la solitude se substituerait une autre perception de la réalité humaine : celle de l’attachement indéfectible des êtres les uns aux autres, par-delà les efforts accomplis par chacun pour se défaire d’eux, les empêcher de peser sur notre aspiration à la liberté. Ici, la parole dévoile, c’est-à-dire qu’elle révèle en mettant à nu. Elle a besoin d’être portée par une écriture qui ménage cette fragilité et l’aspiration des personnages à énoncer leur vérité. C’est peut-être la réussite de ce livre qui, au-delà de sa forme, marque un infléchissement dans le parcours de Laurent Mauvignier.

     

    En ouverture de ce dialogue d’une densité lumineuse entre un homme et une femme, “ Lui ” et “ Elle ”, l’auteur a placé une citation extraite de Demain dans la bataille pense à moi, de Javier Marias. Il faudrait lire une première fois Le lien en contournant cette épigraphe. Après une séparation de trente années, un homme retrouve sa femme, atteinte d’une grave maladie. Son métier de reporter photographe l’a entraîné un peu partout dans le monde où des hommes étaient broyés par la misère, les guerres, les famines. Animé par un désir profond de dénoncer, de témoigner, tout autant que par un ardent désir de liberté, de perte de soi, il a peu à peu renoncé à revenir faire escale dans sa maison. Il a souffert de cet éloignement, elle s’est rongée en l’attendant. En eux cependant, pas de ressentiment, aucune amertume, pas même celle d’être passés à côté du bonheur que leur amour leur promettait. C’est ainsi qu’on pourrait résumer ce texte : on en donnerait l’argument, tout en laissant de côté sa substance.

     

    Dans des livres précédents comme Apprendre à finir ou Seuls, se donnait à voir un corps à corps des personnages aux prises avec eux-mêmes, le sentiment du dérisoire de leur existence incapable d’accéder à la dignité de l’amour. Dans le face à face tendu qu’offre Le lien, l’intensité de l’échange retisse un lien qu’on aurait pu croire à jamais rompu par l’absence et les années. C’est que, comprend-on, rien de ce qu’a été leur histoire ne peut être effacé. “ Les événements et les personnes reviennent et réapparaissent indéfiniment, écrit Javier Marias. Ils ne nous abandonnent jamais tout à fait, (…) demeurent ou habitent dans notre tête, se débattant contre la dissolution. ”

     

    C’est ce savoir que les vieux époux ont reçu : la fuite en avant vers l’oubli impossible, pour lui ; et pour elle, l’attente immobile dans la maison des commencements : “ Je me suis souvent demandé (…) si m’abandonner à l’attente et me laisser envahir  par elle, aussi simplement que si c’était une sieste de plusieurs années, ce n’était pas continuer à jouir de ce qu’avait été notre vie ici. ” Pour lui, au plus loin de l’errance, une expérience similaire : “ Et même dans les appartements des femmes, dans les bars où je m’écroulais quand j’avais trop bu. Je n’ai jamais pu m’arracher complètement au sommeil que je trouvais ici. ”

     

    La paix, le sommeil dans les bras de l’aimée, une existence touchée par la grâce de l’amour. Pourquoi alors chercher à s’affranchir de tout cela, comme s’il s’agissait d’une malédiction ? Elle : “ le pire de l’amour, son lieu de terreur, c’est le moment de le reconnaître et d’avoir le sentiment de ne plus pouvoir lui échapper. (…) Soumettre toute notre vie à notre désir et s’aliéner à cet impératif ; la catastrophe que toi, tu as refusée. ” Le consentement à l’amour serait donc l’aveu d’une défaite, le renoncement à regarder au fond des yeux la douleur du monde, à payer la part qui incombe à chacun pour racheter ce qui peut l’être. Ces guerres infâmes, par exemple, comme celle d’Algérie qui a arraché à l’enfance toute une génération. La génération de cet homme vieilli qui confesse la grande peur qui l’a jeté sur les chemins, la hantise “ de passer à côté de la vie et de ne rien comprendre. ” Mains tendues vers l’idéal et qui n’auront étreint que la poussière.

     

    Mais le grand mystère, celui auquel se heurtent ces deux êtres, c’est celui de la mort. L’épouse va s’en aller, définitivement : c’est pour cela qu’il est revenu. Elle ne redoute pas l’échéance, mais elle voudrait en connaître la sensation et l’idée avant de l’affronter. “ Dis-le-moi, puisque tes images et tes carnets le savent, ” demande-t-elle à l’homme qui tant de fois a saisi dans les regards cet instant de stupeur. Bien sûr il n’y a pas de réponse, il n’y pas de connaissance possible. Aucune sagesse, sinon celle de ne plus ignorer cela.

     

    Et au terme d’une une vie entière passée à fuir, cet aveu : “ Au fond, j’ai beaucoup couru pour avancer vers bien peu d’étonnement. ”

     

    Jean Laurenti

    LE MATRICULE DES ANGES, mai 2005

  • JOURNAL DU DIMANCHE

    3 avril 2005

    LE MIRACLE MAUVIGNIER

     

    Sous forme dialoguée, Laurent Mauvignier nous livre une sorte d'exploration des fragmentations de l'amour et de son discours. Pids du monde intérieur et de l'humanité, hasard et résistance de parcours personnels, trouble-jeu de la présence et de l'absence, peur de l'autre et quête de sa liberté : une plongée inouïe au cœur de la vie.

     

    « Chaque nouveau livre de Laurent Mauvignier arrive comme une rencontre longtemps attendue. Le Lien, son cinquième roman, marque une étape dans une oeuvre commencée il y a six ans avec Loin d'eux, suivi par Apprendre à finir, prix du livre Inter 2000. Ceux d'à côté (2002) et Seuls (2004). Jusqu'alors Mauvignier plaçait ses lecteurs dans la tête d"un de ses personnages. Nous observions, comprenions, vivions une situation souvent tragique, toujours forte, dans la tête, dans la peau, souvent d'une femme. Cette femme qui essayait de récupérer son mari accidenté le jour où il la quittait dans Apprendre à finir. Cette lente reconquête, cet espoir, cette renaissance s'achevait comme une libération et le lecteur masculin, une fois dans sa vie, était devenu pendant quelques heures une femme de cinquante ans, pauvre et abandonnée.
    Dans Le Lien, Laurent Mauvignier passe du monologue intérieur au dialogue. Un dialogue sec, sans la moindre analyse, la moindre description, la moindre psychologie. Des mots, rien que des mots qui se répondent. Il y a une femme, « elle », et un homme, « lui ». Elle et lui s’aiment, n’on jamais cessé de s’aimer. Peu à peu, en lisant ce dialogue, nous comprenons que cet homme et cette femme se sont séparés il y a de longues années. Il est parti, elle est restée.
    Mais aujourd’hui qu’ils se retrouvent, après trente ans, on découvre que le lien ne s’est jamais rompu entre eux. Il envoyait des photos prises autour du monde, des légendes, des aveux qu’elle décryptait. Il a voyagé, photographié, bu, rencontré des putains, été désespéré, etc. Elle était désespérée et honteuse aussi. Il revient juste à temps, au bon moment, ou au pire. Vers la fin de ce très court texte, après ces petits mots banals échangés l’air de rien, une émotion inextinguible nous saisit.
    Nous voici au cœur de l’intime, au plus profond des êtres. C’est le miracle Mauvignier. Tant de détachement pour tant de chaleur humaine. Ne reste plus qu’à attendre son prochain livre. En espérant que Le Lien soit, en attendant, monté au théâtre. »

     

    Christian Sauvage,

    LE JOURNAL DU DIMANCHE, 3 avril 2005

Contact

Pour contacter directement Laurent Mauvignier, on peut envoyer un courriel aux Éditions de Minuit, à : presse@leseditionsdeminuit.fr qui feront suivre.

Ou par voie postale : Laurent Mauvignier, les Éditions de Minuit, 7, rue Bernard-Palissy 75006 PARIS.